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Un gendarme au service des anti-détection

Posted On 26 Sep 2022
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dumoncastells

Un article paru dans 20 minutes et intitulé « Les pilleurs volent notre mémoire collective… Sur la trace des détectoristes qui ravagent les sites archéologiques» a suscité l’émoi et la colère de la communauté des utilisateurs de détecteurs de métaux, lasse de se voire systématiquement assimilée à des pilleurs en puissance. Cet article est d’autant plus révoltant qu’il émane d’un gendarme spécialisé dans la lutte contre les atteintes au patrimoine: Alexandre Dumont-Castells. Qui est donc ce gendarme ayant obtenu il y a peu son doctorat en archéologie.

Docteur en archéologie et gendarme affecté à la brigade territoriale de Lançon-de-Provence, il fait partie des référents régionaux de la lutte contre le pillage archéologique. Le combat de ce gendarme est noble, tout comme celui de l’Happah dont le but était au départ de lutter contre les atteintes au patrimoine. Hélas, plutôt que de s’en prendre aux promoteurs immobiliers et aux grands délinquants du patrimoine comme cet ancien conservateur du Louvre, il est plus facile de s’attaquer à un détectoriste bien souvent dépourvu des moyens nécessaires pour se défendre contre l’arbitraire. L’état sait être fort avec les faibles et faible avec les forts. Rapidement, la lutte contre le patrimoine a hélas dévié vers la lutte contre les détectoristes. De surcroit les méthodes dégueulasses employées par nos détracteurs (coups montés vol d’image, menaces de mort, menaces de journalistes….) que je détaille dans cet article ne devraient leur attirer autre chose que du mépris.

Loin de moi l’idée de justifier le pillage archéologique; si notre gendarme met la main sur ces pilleurs de l’étang de Berre nous espérons tous que leur peine sera exemplaire tant ils ternissent l’image de notre communauté et donnent ainsi du grain à moudre à nos détracteurs.

Non ce qui me gène, ce sont les mots employés par notre gendarme dans l’article : La ressource archéologique n’est pas une ressource renouvelable. Vous vous souvenez de l’immonde petit tract édité par le ministère de la culture et qui volontairement caviardait la loi afin de faire croire aux destinataires (élus, forces de l’ordre, prefets...) que la détection de loisir nécessitait une autorisation préfectorale ? Figurez vous que cette phrase était présente dans le titre de ce tract.

Lors d’une inspection sur un site archéologique, notre gendarme découvre un trou circulaire et pour lui cela ne fait pas de doute ”la trace est celle d’un détecteur de métaux, la signature des pilleurs“. Le verbiage utilisé mais également cette systématique assimilation de l’utilisateur de détecteur de métaux à un pilleur est le propre des anti-détection. Vous connaissez tous l’Happah; mais connaissez vous Xavier Delestre conservateur régional de l’archéologie en région PACA: c’est lui qui est à la tête des anti-détection. Dès 2012 il ecrivait dans le Dauphiné, que « Tout individu vu en train de prospecter à l’aide d’un engin de ce type (détecteur) commet une infraction ». Cette risible assertion sans aucun fondement juridique suffit à présenter le personnage. Il a d’ailleurs rédigé un ouvrage au sujet du pillage des biens culturels l’année dernière et est l’auteur du detectorisme en France. Bref, il ne nous aime pas et c’est réciproque tant ses méthodes font honte au scientifique qu’il est (celle du “mobilier gris” par exemple; pour lui ce qui n’est pas trouvé par un archéologue n’a aucune valeur scientifique). Mr Delestre a fédéré autour de lui d’autres conservateurs hostiles au détecteur de métaux comme Mr Pautrat en Bourgogne, le fief de l’Happah, dont nous vous avions déjà parlé plusieurs fois ici. Il anime des colloques et est la tête d’un intense lobbying pour faire interdire notre loisir.

Revenons en à notre Gendarme, Mr Dumont-Castells. Un gendarme docteur en archéologie, c’est un peu comme un boucher/pilote de ligne voir un chirurgien/carreleur… ces reconversions de l’extrême peuvent exister mais elles sont peu courantes, convenez-en. J’ai donc enquêté sur les publications de notre gendarme. Sa thèse nous apprend qu’il était archéologue avant de devenir gendarme. Il a obtenu un DEA 2001 en archéologie puis est entré en 2005 en gendarmerie “affecté par le pillage archéologique“. Le site de l’université Aix Marseille nous en apprend plus. Sa production “scientifique” lui ayant permis d’obtenir son doctorat se résume à des publications afférentes à lutte contre le patrimoine et le pillage archéologique toutes entre 2019 et 2021. Mr Dumont Castells est devenu docteur en archéologie grâce à une thèse en 2018 intitulée “Le pillage du patrimoine archéologique terrestre en France métropolitaine”.

En 1ère page de cette thèse on apprend que Xavier Delestre est son examinateur lors de cette thèse ! On apprend également que Mr Dumont-Castells a rédigé en 2019 Lutter contre les atteintes au patrimoine archéologique en collaboration avec… Mr Pautrat, le farouche anti-détection qu’on évoque un peu plus haut. Notre gendarme remercie dans sa thèse Eric Champault l’un des plus virulents anti-détection dans les médias; il fait de même avec Sebastien Champeyrol qui est membre de l’Happah. Son directeur Mr Brun est à l’origine d’une étude sur la lutte contre le pillage archéologique, Avec tous ces joyeux contributeurs, il ne faut pas s’étonner que notre gendarme utilise le même langage que nos détracteurs. Pire encore, il n’hésite pas à citer comme source JD Desforges, président de l’Happah ou Mr Delestre qui est justement son examinateur dans son travail ! Je vous invite à lire cette thèse à charge contre notre loisir et surtout la façon honteuse dont nous sommes présentés; elle mériterait un article à elle seule: tant sur le fond que sur la forme, ce travail est contestable et je ne comprends pas comment il a pu valoir à Mr Dumont Castells la validation d’un doctorat…enfin si, j’ai bien une explication:

Cette thèse de Mr Dumont Castells aurait t’elle été commandée et ensuite validée par nos pires détracteurs, ici juges et partie et ce en échange d’un rutilant doctorat ? Je vous laisse, cher lecteur, vous faire propre opinion.

Quoiqu’il arrive, si un jour un de nos détracteurs utilise cette thèse “scientifique” contre vous, n’hésitez pas à lui rappeler la composition du jury de cette dernière !

A propos de l'auteur
David est depuis 15 ans le visage de la chasse aux trésors en France. C'est lui qui a crée Viveladetection en 2012. Rédacteur du magazine le Fouilleur, gérant du magasin éponyme, président du Syndicat Detexpert qui promeut le loisir de la détection de métaux (200 000 pratiquants), il a participé à de nombreux reportages sur la plupart des chaines nationales. David possède la double casquette d'expert en numismatique/artefacts anciens (c'est à dire qu'il peut identifier rapidement tout ce qui sera trouvé) et en matériel (il a collaboré à la création de plusieurs détecteurs et est référent technique de nombreux fabricants). Il intervient avec son équipe pour des collectivités ou les forces de l'ordre avec des détecteurs de métaux mais également avec des appareils géophysiques.